{"id":1848,"date":"2018-07-17T12:19:26","date_gmt":"2018-07-17T12:19:26","guid":{"rendered":"http:\/\/ronaldruseler.nl\/wp-tekst\/?page_id=1848"},"modified":"2018-07-17T12:19:26","modified_gmt":"2018-07-17T12:19:26","slug":"couzijn-van-leeuwen-tout-en-carton","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/ronaldruseler.nl\/wp-tekst\/couzijn-van-leeuwen-tout-en-carton\/","title":{"rendered":"Couzijn van Leeuwen &#8211; Tout en carton"},"content":{"rendered":"<p><strong>La maison verte o\u00f9 Couzijn van Leeuwen (1959) fait ses sculptures se trouve sous de hauts h\u00eatres d&#8217;un domaine \u00e0 Driebergen.<\/strong><br \/>\nA l&#8217;int\u00e9rieur, c&#8217;est un monde fantastique silencieux qui, comme dans un conte de f\u00e9es, s&#8217;\u00e9veille \u00e0 la vie. On passe prudemment devant des armoires en carton et des pots en c\u00e9ramique o\u00f9 des grenouilles rampent dans le feuillage d&#8217;argile. Sur les murs de l&#8217;atelier, sont accroch\u00e9s des reptiles de toutes tailles. Toutes sortes de col\u00e9opt\u00e8res sont \u00e9pingl\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de grandes salamandres accroch\u00e9es au mur comme on les trouve sur le pl\u00e2tre rong\u00e9 d\u2019humidit\u00e9 dans les chambres d&#8217;h\u00f4tel sous les tropiques .<br \/>\nL&#8217;atelier de Couzijn van Leeuwen est une sorte de cabinet de curiosit\u00e9s comme il en existait d&#8217;autrefois. Ses vases, assiettes et animaux exotiques, paons, grues ou carpes dansent sur leur socle, rappelant les animaux empaill\u00e9s des mus\u00e9es oubli\u00e9s aux vitrines pleines de tr\u00e9sors ; et les armoires des vieilles maisons coloniales. Au premier regard, vos \u0153uvres cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re inhabituelle.<\/p>\n<p><strong>De quelle mani\u00e8re proc\u00e9dez-vous ?<\/strong><br \/>\nJ\u2019utilise du carton, du papier d&#8217;emballage, des kilom\u00e8tres de ruban adh\u00e9sif et des multitude d&#8217;agrafes. Regardez ! Les animaux que je cr\u00e9e en ce moment, je les ai fabriqu\u00e9 \u00e0 partir de mat\u00e9riaux que j&#8217;ai \u00e0 port\u00e9e de main : les salamandres sont en \u00e9corce d&#8217;arbres, les insectes en feuilles d&#8217;artichaut s\u00e9ch\u00e9es et les grenouilles en pelures d\u2019oranges.<\/p>\n<p><strong>Une mani\u00e8re de donner une nouvelle vie \u00e0 des choses qui sont mortes\u2026<\/strong><br \/>\nC&#8217;est ma mani\u00e8re d&#8217;aider l&#8217;\u00e9volution et cela nous m\u00e8ne \u00e0 un plan diff\u00e9rent, au-del\u00e0 de la mort et de la d\u00e9cadence. Par mon travail, la peau d\u2019orange devient peau de reptile ; l&#8217;\u00e9corce d&#8217;arbre vit dans une b\u00eate ; les empreintes en pl\u00e2tre des nervures des feuilles continuent \u00e0 pousser sur mes vases. Par mon travail, je redessine le monde. Pourquoi est-ce que je m\u2019ent\u00eaterais \u00e0 construire quelque chose alors que \u00e7a existe d\u00e9j\u00e0 ?<\/p>\n<p><strong> Vous donnez l&#8217;impression que tout ce que vous faites provient de votre exp\u00e9rience personnelle.<br \/>\n<\/strong><span style=\"font-size: 1rem;\">C&#8217;est vrai. Tout ce que j&#8217;invente est le r\u00e9sultat d&#8217;une d\u00e9couverte fortuite lors d&#8217;une promenade ou d&#8217;un autre moment inattendu. Un artiste a besoin de rendre son espace mental aussi grand que possible. Lorsqu&#8217;on regarde tr\u00e8s attentivement, on peut se laisser p\u00e9n\u00e9trer par toutes les impressions qui vous viennent \u00e0 l&#8217;esprit. L&#8217;intensit\u00e9 de mon travail vient de mon exp\u00e9rience, comme dans le conte de f\u00e9es dans lequel un gar\u00e7on se r\u00e9veille sachant qu&#8217;il doit chercher quelque chose, mais ne sait pas ce qu&#8217;il doit chercher. Ainsi je m\u2019ouvre \u00e0 l\u2019inconnu que je cherche, sinon je ne peux pas faire grand-chose, parce que je m&#8217;int\u00e9resse principalement au moment d\u00e9licieux de la d\u00e9couverte. Et dans mon atelier, les mat\u00e9riaux trouvent une nouvelle libert\u00e9. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 1rem;\"><strong>Vous vous r\u00e9f\u00e9rez dans votre travail \u00e0 des lieux lointains, qu\u2019ils soient historiques ou r\u00e9els.<\/strong><br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 1rem;\">On m&#8217;a sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019aller \u00e0 Bali voir l\u2019art traditionnel auquel je pourrais m\u2019identifier. Des communaut\u00e9s villageoises enti\u00e8res travaillent ensemble pendant la p\u00e9riode des cr\u00e9mations rituelles sur des papiers multicolores. Ils n&#8217;ont qu&#8217;une fonction c\u00e9r\u00e9monielle temporaire et finissent dans les flammes ou disparaissent, de sorte que des mois de pr\u00e9paration ne laissent que des souvenirs. J&#8217;appr\u00e9cie l&#8217;artisanat traditionnel et l&#8217;art populaire qui sont pour moi des sources logiques et naturelles, mais je n&#8217;ai pas besoin d&#8217;aller \u00e0 Bali, j\u2019y suis d\u00e9j\u00e0 all\u00e9 dans mon atelier. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 1rem;\"><strong>Est-ce le caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de ces rituels qui vous inspire ? Vos installations n\u2019existent souvent que le temps de l\u2019exposition.<\/strong><br \/>\nEn 2002, j&#8217;ai cr\u00e9\u00e9 une cave en carton \u00e0 partir d&#8217;images du graveur du XVIIe si\u00e8cle, Giovanni Battista Piranesi. L&#8217;installation \u00e9tait une reconstruction m\u00e9ticuleuse \u00e0 l\u2019\u00e9chelle dans la chapelle d&#8217;un ancien monast\u00e8re. J\u2019ai eu la m\u00eame d\u00e9marche pour l\u2019installation De Scheerschuur (La Bergerie) : je suis parti d\u2019une photographie du National Geographic d&#8217;un hangar quelque part en Patagonie et j\u2019ai construit les t\u00f4les ondul\u00e9es en carton ondul\u00e9. Du papier d\u00e9chiquet\u00e9 m\u2019a servi \u00e0 faire les ballots de laine et j\u2019ai tout fix\u00e9 \u00e0 l\u2019agrafeuse. J\u2019ai peaufin\u00e9 les moindres d\u00e9tails <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 1rem;\"><strong>Les agrafes, le ruban adh\u00e9sif et l&#8217;odeur de la colle chaude formeraient-ils donc votre palette ?<\/strong><br \/>\nJ&#8217;aime qu\u2019on rentre dans un mus\u00e9e et que, soudain, on se trouve dans une pi\u00e8ce en carton avec un plancher plus mou que d\u2019ordinaire. On ressent une atmosph\u00e8re diff\u00e9rente autour de soi : l\u2019odeur est autre, l\u2019acoustique plus feutr\u00e9e. Le visiteur est alors dans une situation o\u00f9 avec ses yeux, ses oreilles, son nez, son toucher, il re\u00e7oit de nombreuses impressions subtiles, r\u00e9agit et peut en tirer sa propre conclusion. Cela ne me d\u00e9range pas que mes installations finissent \u00e0 la d\u00e9charge apr\u00e8s une exposition. Est-ce vraiment dommage que toute cette beaut\u00e9 n&#8217;existe plus ? Je trouve toujours cette id\u00e9e rafra\u00eechissante qu\u2019en partant de la nature je peux mettre \u00e0 nu un nouveau monde, car la nature, elle non plus, n\u2019en a jamais fini.<\/span><\/p>\n<p>Ronald Ruseler 2018<br \/>\ntraduction Fr\u00e9d\u00e9rique Le Graverend<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La maison verte o\u00f9 Couzijn van Leeuwen (1959) fait ses sculptures se trouve sous de hauts h\u00eatres d&#8217;un domaine \u00e0 Driebergen. 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